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GWA Wingfoil World Cup 2026 : Kylie Belloeuvre sur le toit du monde, les Français cartonnent aux Canaries

Vent soutenu et spectacle garanti, l'archipel espagnol des îles Canaries a réaffirmé son rang de spot majeur pour accueillir une nouvelle fois des étapes de coupe du monde de wingfoil GWA (Global Wingsports Association). Du 20 juillet au 1er août 2026, les riders et rideuses se sont affrontés sur deux spots magiques : El Burrero à Gran Canaria, puis Sotavento à Fuerteventura. L'enjeu était capital : ces deux semaines regroupaient les uniques épreuves de FreeFly-Slalom de l’année, tout en marquant le dénouement final de la saison 2026 en Surf-Freestyle après quatre étapes intenses sur l’ensemble de l’année.

Bilan et temps forts du FreeFly-Slalom


Le coach de l’équipe de France, François Bovis, ne cache pas sa satisfaction face à la combativité de ses protégés : “En FreeFly-Slalom, il fallait être extrêmement réactif sur l’eau tout au long des six journées de course. Nos français ont été aux avant-postes du début à la fin. Kylie Belloeuvre décroche le titre de championne du monde, et Bastien Escofet monte sur la deuxième marche du podium chez les hommes. Sans oublier la relève qui pousse fort derrière, notamment Enoha Laurent et Tom Pansard.”

François Bovis salue la consécration de Kylie Belloeuvre : “Je suis super fier d’elle. Elle s’était préparée pour gagner et elle concrétise enfin son potentiel après tant d’années d'efforts.”

La nouvelle championne du monde, membre du Pôle Olympique à Marseille, revient sur son exploit : “La saison de FreeFly-Slalom 2026 est très courte, donc pas le droit à l'erreur. À Gran Canaria, les conditions étaient monstrueuses, ça ne ressemblait pas tout à fait à celles que j’ai eu pendant les entraînements. D’ailleurs, c’est la première fois que je fais des courses en 2.5m², parfois surtoilée dans des rafales de vent à 45 nœuds et une houle énorme. C’était hyper impressionnant, il fallait poser le cerveau le temps de la compétition pour être capable de foncer sur l’eau ! Toujours sur cette première étape, je finis derrière l’espagnole Nia Suardiaz, qui va généralement plus vite que moi sur des parcours moins techniques…

Quant à Fuerteventura, le vent n’a soufflé fort que le premier jour. Au début, j’ai eu du mal à m’exprimer sur l’eau. Puis ça s’est calmé un peu, avec toutefois un vent assez irrégulier. Le lendemain, on a sorti nos plus grandes wings le matin, et des plus petites l’après-midi. J'étais 2e avant la super finale, et l'élimination en demi-finale de l’une de mes principales concurrentes pouvant accéder aussi à la 2e place m'a mise plus à l’aise ensuite. En finale, j'étais au coude-à-coude avec Nia tout au long des deux courses, jusqu'à ce qu'elle craque et chute à l’avant-dernière bouée sous la pression… Ce qui m’a offert la victoire !

C’est la première fois que je gagne à la fois une étape de coupe du monde et tout simplement la world cup de FreeFly-Slalom, c’est fou ! Le scénario est incroyable, même si c'est bien la 1e place que je venais chercher.”

Notons aussi la très admirable 4e place au classement général de la jeune guadeloupéenne Enoha Laurent, à seulement 15 ans.


Chez les hommes, le bilan français est tout aussi impressionnant puisque nous avons 5 français dans le top 10, comme chez les filles d’ailleurs. Si Bastien Escofet (lui-même membre du Pôle Olympique à Marseille) doit se contenter du titre de vice-champion du monde après deux étapes de haut niveau, la jeunesse tricolore a fait des étincelles, à l'image du jeune rider de Carro (Bouches-du-Rhône), Tom Pansard, qui s'empare d'une magnifique 4e place mondiale. François Bovis souligne d’ailleurs sa belle performance : “La relève est là. Tom a manqué de réussite à cause notamment d'un crash spectaculaire sur les finales à Gran Canaria ; et il aurait également mérité de plus d’apprentissage à Fuerteventura, bien que très présent sur l’ensemble de ses courses.”

Tom Pansard revient sur ce grand huit émotionnel : “Sur la première étape, à Gran Canaria, je me sentais super bien. Du vent très fort, de la houle, du clapot... Bref, des conditions parfaites pour moi. J'étais à l'aise, ce qui m'a permis d'occuper la 1e place avant les phases finales après six éliminations. Puis c'est le drame : percuté par un rider italien en super finale, je finis à l'ambulance avec interdiction de repartir et de finir l’épreuve. Je termine tout de même 3e de l'étape, mais avec un goût amer.”

Après quelques jours de repos pour recharger les batteries et se remettre mentalement, Tom repart sur l’eau à Fuerteventura, déterminé à exprimer son gros potentiel. Mais le scénario s'avère plus complexe : “Les conditions étaient complètement différentes, avec un vent très irrégulier et un plan d’eau ultra flat. Je suis 2e au général le premier jour, puis 3e avant les phases finales le jour suivant malgré un parcours modifié. Malheureusement, sous la pression, j'ai commis quelques erreurs et je rate ma demi-finale, ce qui me fait descendre à la 6e place de l'étape. Ce format où tout est remis en jeu sur les phases finales est dur à avaler, car il ne reflète pas toujours la régularité sur l'ensemble des courses. Finalement, je termine 4e du ranking général de FreeFly-Slalom 2026. J'aurais pu faire mieux, mais je suis content de mes performances… Et je sais exactement sur quoi travailler pour aller chercher une meilleure place la saison prochaine !”

Bilan et temps forts du Surf-Freestyle :


D'année en année, le niveau ne cesse de s'envoler. Plus forts, plus engagés, les riders offrent des duels toujours plus spectaculaires. François Bovis, entraîneur de l'équipe de France, confirme cette montée en puissance : “À Gran Canaria, le vent soutenu a permis de découvrir de nouvelles figures impressionnantes et beaucoup d’amplitude… Et des doubles loops dans tous les sens ! Enfin, du côté de Fuerteventura, les conditions fidèles à leur réputation ont donné lieu à une bataille extrêmement serrée en Surf-Freestyle !“

 

 

Les principaux espoirs de podium tricolores reposaient sur le prodige breton Axel Gérard chez les garçons, qui décroche finalement la 6e place du classement général. Un bilan très encourageant nous déclare le coach : “Axel est vraiment bien remonté dans la course en signant une 3e place à Gran Canaria, idem à Fuerteventura. Il termine sa coupe du monde bien mieux qu'il ne l'avait débutée. Une chose est sûre : il va arriver ultra motivé pour l’épreuve mondiale de vagues au Maroc, en octobre prochain.”

Axel est également revenu sur ses récentes prestations canariennes : “J’étais à Gran Canaria depuis un mois pour m’entraîner sur le spot d’ El Burrero, et je me sentais enfin prêt le jour de la compétition. D’ailleurs ma qualification en finale, une première cette saison, m'a relancé dans la course au podium. Je décroche la 3ᵉ place sur cette première étape des Canaries ! C'est encourageant car c’est le niveau que je pensais avoir. Malheureusement, je prends un crash assez dur sur le heat de la finale, ça m'a sonné, et sur mes trois derniers essais je n’étais plus dans mon rythme.’

À Fuerteventura, la motivation du jeune breton est intacte malgré un vent plus léger. Il poursuit : ‘“En quart de finale, ma 2ᵉ place derrière l’Italien Rocco Makana m'a envoyé vers un tableau plus relevé, ce que je savais afin d’éviter de me retrouver en demi-finale face aux deux champions du monde de Surf-Freestyle respectifs de 2024 et 2025, prétendants au titre mondial de cette année. Mais sans pression, j’ai assuré et réussi à éliminer au moins l’américain Christopher Macdonald pour atteindre la finale. Je finis de nouveau 3ᵉ : c'est frustrant parce que je visais la victoire et que ça s'est joué à peu de chose, mais ça fait partie du jeu ! C’est certain, je sais que je dois m’entraîner encore et encore pour les compétitions à venir…”

Chez les femmes, malgré une blessure contractée deux mois auparavant, Milla Danguy signe quant à elle une belle progression en s'emparant de la 5e place au général. Un bond remarquable de cinq rangs par rapport à la saison 2025, de très bon augure pour la suite de sa jeune carrière ! Elle nous raconte d’ailleurs une anecdote assez incroyable : “À cause de ma récente entorse, je n’ai pas pu m'entraîner jusqu’aux épreuves des Canaries… Et j’ai dû naviguer avec des baskets, la seule astuce que j’ai trouvée pour réduire la douleur. Forcément, je n'étais pas à mon meilleur niveau sur ces dernières étapes mondiales de freestyle. Je termine 9e à Gran Canaria dans un vent violent et une grosse houle. On était toutes en 2.0 m² ou 2.5 m², dans des conditions de navigation extrêmes qu'on n'a jamais eu à l'entraînement. C’était un beau challenge ! C’est super beau de voir notre sport, le wingfoil, tiré vers le haut et au même rang que les hommes.

Heureusement, à Fuerteventura les conditions étaient plus faciles et le plan d’eau plus flat. Ma 7e place sur cette ultime étape me permet de terminer 5e au général, ce qui reste une belle satisfaction !”

Les Canaries avaient encore réservé de belles surprises à l’élite mondial du wingfoil cette année. Le prochain rendez-vous GWA Wingfoil est déjà pris, cette fois-ci pour les meilleurs waveriders de la planète, et ça se passera à Dakhla du 6 au 11 octobre 2026 : leGWA Wingfoil World Cup Maroc 2026 !

 

Gran Canaria GWA Wingfoil World Cup 2026

 

GWA Wingfoil World Cup Fuerteventura 2026